LA THERAPIE COGNITIVO-COMPORTEMENTALE AMELIORE LA CONNECTIVITE DU CERVEAU

 

Les chercheurs ont utilisé des scanners cérébraux pour mesurer les changements dans l'activité cérébrale des personnes atteintes de trouble obsessionnel-compulsif après avoir suivi un type de thérapie cognitivo-comportementale. Ils ont constaté que la connectivité des principaux réseaux cérébraux était améliorée, suggérant de nouvelles cibles thérapeutiques.

 

Les examens par IRM montrent que les personnes ayant reçu un TOC et ayant reçu un diagnostic de TOC ont intensifié la connectivité entre leurs principaux réseaux cérébraux.

Le trouble obsessionnel-compulsif (TOC) est un état caractérisé par des pensées inévitables et intrusives qui causent de l' anxiété (donc "obsessionnelles") et des comportements rituels répétitifs visant à réduire ce sentiment (donc "compulsif").

Le TOC peut être une maladie débilitante et peut nuire gravement au fonctionnement quotidien. Les National Institutes of Mental Health estiment qu'aux États-Unis, la prévalence annuelle des TOC représente 1% de la population adulte totale. Environ la moitié de ces cas sont jugés "graves".

Les traitements contre le TOC comprennent l'administration d' inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine et la thérapie cognitivo-comportementale (TCC), un type de thérapie visant à améliorer les associations mentales néfastes.

Des chercheurs de l'Université de Californie à Los Angeles - dirigés par le Dr Jamie Feusner - ont mené une étude visant à déterminer si et comment la TCC pourrait modifier les niveaux d'activité et la connectivité réseau dans les cerveaux des personnes atteintes de TOC.

Ils expliquent que, bien que l'efficacité de la TCC dans le traitement du TOC ait déjà été explorée, il s'agit probablement de la première étude à utiliser l' IRM fonctionnelle (IRMf) pour surveiller ce qui se passe réellement dans le cerveau des personnes atteintes du TOC après une exposition à ce type de traitement.

Les résultats des chercheurs ont récemment été publiés dans la revue Translational Psychiatry .

Changements dans les régions clés du cerveau après la TCC

L’équipe a spécifiquement ciblé les effets de la TCC basée sur l’ exposition et la prévention de la réaction (ERP), ce qui implique une exposition à des stimuli et encourage l’individu à résister volontairement à réagir de la manière habituelle à ces stimuli.

Pour l'étude, 43 personnes atteintes de TOC et 24 personnes n'en ont pas été recrutées. Les résultats des deux groupes ont ensuite été comparés. À ce stade, les 24 individus sans TOC ont été pris comme groupe témoin.

Tous les participants ayant reçu un diagnostic de TOC ont reçu une TCC intensive individuelle basée sur un système ERP lors de séances de 90 minutes 5 jours par semaine, pour un total de 4 semaines.

 

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Les participants des deux groupes ont subi une IRMf. Les personnes diagnostiquées avec un TOC, qui avaient reçu une TCC, ont été scannées à la fois avant la période de traitement et après les 4 semaines de traitement. Les participants du groupe témoin, qui n'ont pas subi de TCC, ont également subi une analyse IRMf après 4 semaines.

Lorsque les scanners des participants atteints de TOC ont été comparés, les résultats obtenus avant et après la TCC se sont révélés très contrastés.

Les chercheurs ont constaté que le cerveau des personnes atteintes de TOC présentait une augmentation significative de la connectivité entre huit réseaux cérébraux différents, dont le cervelet, le noyau caudé et le putamen, et les cortex préfrontaux dorsolatéral et ventrolatéral.

Le cervelet est impliqué dans le traitement de l'information et la détermination des mouvements volontaires, tandis que le noyau caudé et le putamen sont essentiels au processus d'apprentissage et au contrôle des pulsions involontaires.

Les cortex préfrontal dorsolatéral et ventrolatéral participent à la planification de l’action et du mouvement, ainsi qu’à la régulation de certains processus cognitifs.

Le Dr Feusner et son équipe soulignent qu’un niveau accru de connectivité entre ces régions cérébrales suggère que les cerveaux des personnes ayant subi une TCC «apprenaient» de nouveaux comportements non compulsifs et activaient différents modes de pensée.

Il suggère que ces changements pourraient constituer de nouveaux moyens de faire face aux particularités cognitives et comportementales du TOC.

"Les changements ont semblé compenser, plutôt que corriger, le dysfonctionnement cérébral sous-jacent. Les résultats ouvrent la porte à des recherches futures, à de nouveaux objectifs de traitement et à de nouvelles approches."

Dr. Jamie Feusner

Le Dr Teena Moody, auteur de la première étude, ajoute qu’être en mesure de démontrer l’existence de changements positifs quantifiables dans le cerveau à la suite d’une TCC peut donner aux personnes ayant reçu un diagnostic de TOC plus de confiance pour suivre des traitements appropriés.

"Les résultats pourraient donner espoir et encouragement aux patients atteints de TOC", explique le Dr Moody, "en leur montrant que la TCC entraîne des changements mesurables dans le cerveau qui sont corrélés à une réduction des symptômes."