POURQUOI LES ROUSSES DEVELOPPENT-ELLES PLUS FREQUEMMENT UN MELANOME?

À la fin de l'été dans l'hémisphère Nord, les personnes à la peau claire peuvent pousser un soupir de soulagement. Les journées passées à l'abri du soleil pour éviter les coups de soleil et les cancers de la peau sont terminées. Cependant, la lumière du soleil n'est pas le seul facteur de risque.

 

Les personnes à la peau pâle qui ne bronzent pas ont plus de risques de développer un mélanome. Les rousses sont particulièrement à risque.

Notre bureau de rédaction se trouve à deux pas de la plage de Brighton, sur la côte sud du Royaume-Uni. Et bien que le Royaume-Uni ne soit pas particulièrement connu pour son climat ensoleillé, on peut voir ceux qui ont la peau claire de haut en bas du pays en train de se couvrir lorsque le soleil fait son apparition d'étoile.





 Marie Ellis, notre rédactrice en chef, est l'une de ces personnes . Bien que n'étant pas une rousse, elle est blonde et a les cheveux blonds. Elle ne bronze pas, brûle facilement et se couvre toujours. Marie porte le même type de mutation qui empêche les roux de produire du pigment foncé, ce qui la rend plus à risque de développer un mélanome .

Cela nous amène à nous demander pourquoi le risque de mélanome est tellement plus élevé pour Marie et les autres personnes à la peau pâle.

Pigment et lumière du soleil

Trop de soleil est mauvais pour la peau. Le pigment de notre peau qui nous protège du soleil s'appelle la mélanine. Plus spécifiquement, la mélanine protège notre ADN des rayons ultraviolets (UV) nocifs.

Les humains ont deux types de mélanine. Eumelanin est brun noir, tandis que la phéomélanine est rouge orangé.

Lorsque nous sommes exposés au soleil, le récepteur de la mélanocortine-1 (MC1R) indique à nos cellules mélanocytaires productrices de pigment de fabriquer de la mélanine. Dans la majorité de la population mondiale, la peau s'assombrit pour éviter des dommages à l'ADN.

Mais 1 à 2% des personnes ont les cheveux roux, la peau claire, des taches de rousseur et ne bronzent pas.

Ils portent une mutation dans le gène du récepteur MC1R, ce qui l'empêche de fonctionner correctement. Les cellules ne produisent que de la phéomélanine, qui ne protège pas efficacement l'ADN des dommages causés par les rayons UV.

Réactiver le récepteur MC1R défectueux

La semaine dernière, Medical News Today a  présenté une nouvelle étude  montrant qu'une modification chimique appelée palmitoylation est impliquée dans l'activation du récepteur MC1R en réponse à la lumière du soleil.

Mais l’étiquette palmitoyle ne peut pas être ajoutée à la version mutante du récepteur MC1R que portent les roux. En conséquence, le récepteur ne peut pas faire son travail.

Dans une découverte décisive, l'équipe a trouvé un moyen de contourner ce problème. Ils ont utilisé un produit chimique qui augmente la palmitoylation dans un modèle murin porteur de la mutation MC1R.

Lorsque les souris ont été exposées à des niveaux élevés de rayons ultraviolets, leur taux de mélanome était significativement plus bas. Mais malheureusement, la lumière du soleil n'est pas le seul facteur de risque.

Mélanome dans les zones non exposées

Les mélanomes peuvent se produire n'importe où sur le corps, pas seulement dans les zones les plus exposées au soleil. Quelque chose d'autre que la lumière UV doit être à blâmer dans de tels cas.

Une étude  publiée dans Nature en 2012 a révélé qu'en l'absence de lumière ultraviolette, les dommages oxydatifs dans les tumeurs du mélanome sont très importants.

Les chercheurs en accusent la phéomélanine. Quelque chose dans la façon dont il est produit, mais pas l'eumélanine, doit être la promotion de ces dommages.

Ces résultats sont corroborés par une étude publiée dans la revue  Nature Communications en 2016. L'équipe a constaté que les porteurs du gène MC1R défectueux présentaient des mutations cancérigènes non dues au soleil.

Fait important, cela inclut les rousses (qui portent deux copies de ce gène) ainsi que celles qui n’en portent qu’une seule et qui n’en sont probablement pas conscientes, car elles n’ont ni cheveux roux ni peau claire.

La recherche nous a montré que les personnes à la peau claire sont plus à risque, car elles ne peuvent pas se protéger des dommages de l'ADN et que leur phéomélanine favorise les dommages des cellules. Mais ceux qui ne possèdent qu'une seule copie d'un gène MC1R mutant courent également un risque, ce qui indique qu'il y a probablement d'autres facteurs, non encore découverts, en jeu.

Quand le soleil reviendra sur nos côtes l'été prochain, Marie évitera à nouveau le soleil - la seule chose prouvée pour réduire le risque de mélanome chez les personnes à peau claire. Mais elle peut être assurée que les scientifiques poursuivront leur quête pour résoudre les mystères qui la mettent, ainsi que de nombreuses autres personnes, à risque accru de mélanome.